CHAPITRE3
Je me figeai aussitôt!
Une odeur m'assaillie. Celle, florale qui d'habitude flottait dans les pièces, avait été remplacée par une odeur de poussière, de bois et de talc. La lumière du soleil qui illuminait ce matin la pièce avait été remplacée par une obscurité bleutée et oppressante. Une fois ces informations enregistrées dans un coin de ma tête, ce qui m'accabla le plus fût le silence. Aucun bruit ne filtrait. L'appartement habituellement bruyant et plein de vie résonnait d'un silence de mort. Je fis quelque pas dans le couloir et appelai Angéla. Aucune réponse. Elle aurait pourtant du être rentrée. Elle aurait dû être là. J'aurai dû l'entendre me répondre qu'elle préparait sa valise sur un fond de musique provenant de la radio, ou qu'elle était dans le salon...J'aurai due entendre le son de sa voix me dire que tout allait bien. Mais seul le silence me répondit.
Quelque pas et j'atteindrai la cuisine. Je redoutais de trouver du sang sur le plan de travail, avec les couteaux par terre, et de longues traînées prouvant que quelqu'un avait rampé sur le sol dans un dernier sursaut de vie...Mon imagination me préparait au pire, seulement le pire. Je sentais la sueur s'accumuler le long de ma colonne vertébrale. Mais je n'avais pas chaud. J'étais glacée. La porte était entre-ouverte comme nous l'avions laissée en partant ce matin. D'une main tremblante je la poussai.
Je ne compris pas tout de suite : en face de moi des miroirs. Je tournais sur moi-même et de tout les côtés les murs me renvoyaient mon reflet. Cette salle je la connaissais. C'était mon ancienne salle de danse, celle ou j'avais rejoint James, celle ou Edward m'avait sauvé la vie au moment ou j'allais la perdre...Ce n'était pas possible. Ca ne pouvait pas être possible. Une odeur salée et ferreuse me toucha de plein fouet me soulevant le c½ur. Une odeur de sang. Plusieurs voix résonnaient dans ma tête. Une me dictait de courir, de trouver une sortie et de m'enfuir au plus vite; en même temps une autre me criait que la folie était en train de prendre possession de moi, que j'étais en train de perdre la raison. Enfin une voix plus réaliste me hurlait que c'était impossible, la salle de danse avait été détruite, brûlée, j'étais sur le campus, chez moi, ces images faisaient parties d'un passé révolu. Il fallait que je me réveille, ce ne pouvait être qu'un rêve. Non, un cauchemar !
Pivotant de nouveau sur moi même, ignorant mon reflet paniqué, je couru maladroitement vers la porte de la grande salle. Je ne savais pas pourquoi ; de peur ou de tristesse; mais je pouvais sentir les larmes couler sur mes joues.
Je tendis mon bras pour attraper la poignée. Au moment ou j'aurais dû ressentir le touché froid du fer, une douleur inonda ma tête et mes mains.
Je senti l'odeur âpre des feuilles sèche sur le sol avant de le toucher et il me fallu un effort considérable pour relever la tête. Le décor avait de nouveau changé. J'étais dans la forêt, juste derrière la maison, à Forks, allongé sur le ventre. Une part de moi fût soulagée : tout ceci n'était que le fruit de mon imagination. Mes mains me brûlaient. Je regardai autour de moi et c'est là que je les vis. Ils étaient tous là, les uns à côté des autres : Alice, Jasper, Emmett, Rosalie, Carlisle, Esmée et ...Edward. Je pouvais distinguer leurs traits comme si j'avais été à seulement quelques millimètres d'eux. Les visages emplis de tristesse d'Alice, Esmée et Carlisle ; le visage figée de Rosalie, ceux compatissants de Jasper et Emmett et... il y avait le sien. Tellement froid, tellement distant, tellement inconnu. Ce n'était pas le visage du garçon que j'avais connu ni de celui à qui j'avais donné mon c½ur. Je me remis debout tant bien que mal et tendis une main vers lui :
-« Edward.....
-Bella », dit-il en avançant d'un pas.
Même sa voix me sembla inconnue. Cela faisait-il si longtemps depuis qu'il m'avait quitté que je ne fusse plus capable de la reconnaître ? Pourtant j'en étais sûr ce n'était pas la même, pas la sienne. Elle n'avait rien avoir avec la voix douce, chantante et mélodieuse que je connaissais. Celle-ci était râpeuse et rocailleuse comme si son propriétaire avait passé des heures à hurler comme un fou jusqu'à épuisement. Pourtant il était toujours aussi beau, statut d'albâtre, taillé comme un dieu...Adonis !
Mais quelque chose en lui me gênait, je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus mais quelque chose n'allait pas. Je mis cette impression de côté et avançait de nouveau d'un pas. Je pouvais sentir mon c½ur s'emballer dans ma poitrine. Que c'était bon de retrouver cette sensation ; de le sentir à nouveau battre, comblant le trou que notre séparation avait creusée et que je n'avais jamais réussi à combler. Tout en me fixant, il avança de nouveau vers moi. La distance entre nous était infime, je pouvais même sentir son odeur ; sucrée, capiteuse ; me chatouiller les narines.
-« Pourquoi ne veux tu pas comprendre Bella ? Pourquoi t'entêtes-tu à ne pas écouter ce que je t'ai dis... »
Je restai abasourdi. Comme figée par ces mots, cette scène qui se rejouait devant moi. Derrière lui, les Cullen n'avaient pas bougés et me regardaient.
-« Pourquoi ressasser le passé comme ça ? Je ne t'ai rien apporté de bon.Tu n'as apportée que douleurs, souffrances et tentation dans notre famille...Je ne t'aime plus alors pourquoi t'accroches-tu à ces souvenirs comme ça. N'es-tu capable d'avancer dans la vie ? De te cantonner à ton rôle de petite humaine insignifiante dans ton monde.... »
Je fixai sa bouche, observant les mots se former sur ses lèvres. Ses mots, qui tels des poignards me déchiraient les entrailles, achevant de mettre mon c½ur en pièces.
Puis je le vis. Le détail qui m'avait échappé ; celui qui m'avait tout de suite gêné. Mon regard se posa un peu plus au dessus de sa bouche : sur ses yeux ! Ses iris avaient perdus leur jolie couleur dorée : ils étaient rouges à présent. Derrière Edward, Alice, Rosalie et les autres : eux aussi....Inconsciemment, je reculais. Ce n'était pas possible. Pas eux ! Non pas eux...
-« Tu dois comprendre Bella, repris la voix d'Edward, tu dois réussir à le faire ! A l'accepter ! »
Alors je hurlais, comme une déchaînée, de toutes mes forces, je hurlais. Au dessus du vacarme de ma propre voix, j'entendis qu'on criait mon nom. Une odeur familière de forêt, de pin, et une douce vague de chaleur se firent sentir dans mon dos...
-« Bella, Bellaaaaa.... »
Je voyais le visage de « l'autre Edward », lui aussi, crier mon nom. De même qu'Alice et les autres Cullen. Je ne comprenais plus rien. Tout s'embrouillait !
-« Bella, Bella.. »
Je n'eu pas le temps de me retourner pour me précipiter dans la masse réconfortante, protectrice et familière juste derrière moi : mon corps fût pris de soubresauts incontrôlables. Je m'affalais par terre et hurlais de plus belle.
-« Bella, Bella ; appela une voix autant connue que féminine ; je t'en pris Bella, réveille-toi, ouvre les yeux bon dieu, Bellaaaaa !!!! »
Je m'exécutai. Au dessus de moi le visage d'Angéla me contempla. Les mains sur mes épaules elle me secouait, l'air hagard et paniquée.
-« Bella est-ce que ça va ? Que ce passe t'il ? Parle moi. Je t'ai entendu hurler, je n'arrivai pas à te réveiller!!
Je me jetais dans ses bras en pleurant. Je sentis les siens se resserrer autour de moi, m'enveloppant ; son corps dégageait une chaleur réconfortante dans laquelle je me recroquevillai telle une enfant cherchant la chaleur dans sa couette. Je tremblai : sûrement autant d'effroi que de froid. Je m'allongeai sur le côté toujours en tenant la main d'Angéla comme j'aurai ténu une bouée pour ne pas couler .Elle du le sentir car elle se cala derrière moi. Elle ne me posa pas de question, se contentant de m'offrir sa présence. Je levai légèrement la tête et regardait le cadran de mon réveil :
05h05
Tout ça n'étais qu'un cauchemar...J'étais rentré, j'avais trouver Angéla dans le salon en train de faire sa valise, la radio branché à fond. J'avais eu le temps de finir de boucler mon exposé, d'appeler Charlie pour lui dire que nous arrivions à midi à l'aéroport de Seattle. J'étais tombé sur la boite vocale de Jacob et je lui avais laissé un message pour lui dire que j'arrivai bien demain. Après un ménage éclair de l'appartement avant le départ et un repas pizza/soda avec Angéla je m'étais posé sur mon lit pour lire pour la 200tième fois au moins « Les hauts de Hurlevants ».
Le livre étais d'ailleurs toujours posé, ouvert, à côté de moi, j'avais du m'endormir en le lisant. Mais ce rêve, il avait l'air tellement vrai, c'était tellement douloureux... Je n'étais pas seule à l'intérieur, quelqu'un d'autre y étais et je le connaissais.
Je sentis le corps d'Angéla, tenant toujours ma main ,s'alourdir peu à peu dans mon dos...elle s'endormait.
Cette présence chaude, je savais qui c'était mais je n'arrivai pasà lui mettre un nom...
Contemplant de nouveau le cadran du réveil, je soupirai : après tout ce n'était qu'un rêve. Ce genre de rêve ne m'avait pas hanté depuis plus d'un an mais bon au fond, je savais que je n'étais pas vraiment guéri de Lui, de notre histoire. Je senti à mon tour le sommeil me gagner peu à peu, regardant une dernière fois l'heure je posai ensuite mon regard sur la paume de mes mains : elles était rouges, râpées et griffées, comme si j'étais tombé à plat ventre et que j'avais voulu amortir ma chute en plaçant mes mains en avant.Je n'étais pourtant pas tombé aujourd'hui...Je n'eu pas le temps de m'appesantir sur la question que je sombrai de nouveau dans les bras de Morphée.
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Un chapitre encore un peu court. Mais il me sert à poser les bases de l'histoire! Vilààà.